Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /Juil /2009 18:24

Ce qui est bien avec la Saint Louis à Sète, (hormis les bodégas et l'autorisation implicite de boire autant qu'on le veut), c'est qu'on fait des rencontres plutot interessante. Il y a un an et demi, alors que je me baladais avec des amis, je le vis pour la première fois: blond, yeux bleu, un corps de rêve et ce je ne sais quoi d'inaccessible, un charme réservé aux artistes, une petite phrase qu'ils ont l'air de nous glisser: « Je suis mystérieux... »

Il avait un appareil photo à la main, et sillonait les rues en prenant des photos. Je l'ai recroisé toute la semaine suivante, (la saint louis dure une semaine) et à chaque fois, mon ventre se tordait... Je ne le connaissait pas, mais il avait le truc. La chose qui fait qu'on aimerait connaître cette personne et non pas une autre. Il me plaisait, et j'avais l'impression que ce n'était pas seulement physique, comme si je savais que son caractère me plairait aussi.

Je ne l'ai plus jamais revu, jusqu'en septembre dernier, ou j'ai découvert qu'on fréquentait enfait le même bar... C'est cette impression si bizarre que j'ai reconnue en premier, pas lui. Je ne me souvenait pas de sa tête, mais du sentiment qu'il m'avait laissé.. Il était encore plus beau que ce que je m'imaginais, et pour une fois, je ne me sentais pas du tout à l'aise. Moi qui n'ais aucun mal à aller parler à des inconnus, je ne pouvais que le regarder... J'étais hystérique à l'idée d'aller bavarder avec lui, car j'avais peur de casser la magie que je ressentais. Et si je m'étais finalement trompé? Et si il ne me trouvait pas à son goût?

Alors que je venait de retrouver ce garçon mystérieu, c'est la que j'entendis pour la première fois ce mot qui convenait si bien à mes sentiments. L'étincelle.

 

En réalité, mes amies m'y avaient confronté beaucoup plus tot, sans pour autant énoncer le nom de cette impression bizarre. Je les voyais partir dans leur histoire comme on se laisse aller lors d'un massage, et malgré leurs méfiances habituelles, elles étaient si confiante en l'avenir, que notre cynisme habituel était mort en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.

A cette période, je ne pouvais m'empecher de me demander: « Comment des filles si intelligentes, sortent avec des mecs qui les trompent ou qui ne sont de toute évidence pas fait pour eux, (ex: grand dragueur), alors qu'elles sont si exigentes d'habitude ? »

 

C'est la qu'on en est venu a me parler de l'étincelle. Ce truc qui fait que quand tu vois la personne, il y a un lien qui se créé en une seconde, un trouble, une reconnaissance de l'autre. « J'ai l'impression de te connaître, et tu me plais »; c'est la phrase qu'on peut lire dans le regard de quelqu'un qui a l'étincelle. Il n'y a pas de raison, c'est juste comme ca. On ne peut pas anticiper ce sentiment, on a juste à le subir, comme le plus sublime des suplices.

 

La première à m'en parler vraiment fut mon amie L. Elle avait rencontré peu avant un ami à moi, et elle s'entendait avec lui à merveille. Elle qui n'avait pas l'habitude d'être vraiment proche avec un garçon autrement qu'en sortant avec se posait beaucoup de questions.

Est ce qu'il lui plaisait? Est ce qu'elle pourrait sortir avec lui ou était ce juste un ami si proche qu'elle avait tout le temps envie de le voir?

On a passé bien des heures à parler de leur relation, mais on arrivait toujours devant un mur...

Avait elle l'étincelle?

 

Ils sont sorti ensemble et ont rompu une semaine après. L s'est dit que ce n'était qu'un ami proche, et continua à le voir presque tous les jours, sans jamais vraiment oublier ce qui s'était passé.

 

Quand à moi, je me remettais doucement de mon dernier foirage amoureux... à sens unique.

J'avais vraiment eu l'étincelle pour M, ce truc qui fait que même si je ne voulais pas qu'il me plaise, et surtout pas lui, j'étais quand même tombé dans le panneau à son premier compliment.

 

L'étincelle pouvait donc être à sens unique. Alors que j'étais folle de lui, et avait l'impression de le connaître par coeur, il ne cessait de me montrer que je faisais fausse route sur toute la ligne, ce que je ne voyais pas, étant trop préoccupée à m'inventer une relation parfaite avec lui.

 

Plus tard, je n'ai pas pu m'empecher de penser: Si l'étincelle est à sens unique, est ce que la relation est forcément bancale? Car biensur, au début, celui qui a l'étincelle pour l'autre sera beaucoup plus attaché, mais la relation est elle toujours déséquilibrée?

J'en parlais à ma tante, qui avait vécut l'étincelle et qui adorait ressentir « le truc ».

« Avoir l'étincelle, c'est fabuleux, c'est le bien être à l'état pur. Pourtant l'étincelle n'est pas nécessaire pour construire une relation à long terme, car « avoir le truc » est fugace, et s'éfface au fur et à mesure que tu connais la personne. Les relations sexuelles également change le regard que tu portes sur l'autre. Et même si pour moi l'étincelle est une alchimie entre deux personnes, qui est passsionnée et passionnante, je ne suis pas sure qu'il faille absolument avoir l'étincelle avec l'homme de ta vie par exemple. Mais tu sais Juliette, pour être honnête, j'ai besoin de l'étincelle à la base pour aimer vraiment une personne, sinon c'est de l'affection. Et en ce qui concerne l'étincelle à sens unique, c'est sur que tu t'en prend plein la gueule, mais ca en vaut vraiment la chandelle; c'est la que tu te sens le plus vivante! Ya peut être rien à comprendre, ... seulement à vivre »

 

J'en parlais à L, qui n'était pas d'accord, car tous les gars avec qui elle était sorti avant et qui avait compté pour elle, étaient des gars avec qui elle avait eu cette attirance, ce « truc ».Pour elle, on ne pouvait donc pas sortir avec quelqu'un pour qui on avait pas « le truc ».

 

J'étais décidément perdue quand je rencontrais tout a fait par hasard C, un ami de M. Tout de suite, la tension était palpable, « il se passait quelque chose ». Et plus on se voyait, plus je ne pouvais m'empecher de me demander, est ce que l'étincelle peut être un coup de foudre? La seconde ou j'ai vu C, je connaissais tout de lui, j'avais l'impression d'être à sa mercie, et qu'il lise en moi comme dans un livre ouvert.

La deuxième fois qu'on s'est vu, je lui ai dis mes plus intimes secrets, ceux que je n'avais même jamais osé dire à ma meilleure amie, et lui me parlait de ses problèmes de famille.

Et a chaque fois, ces regards, me faisait me sentir légère, et en même temps, j'avais presque peur de le revoir. Je me disais que l'imaginer tel que je le voulais plutot que d'apprendre à le connaître me ferait moins souffrir, mais à chaque fois, l'attirance et le trouble était le plus fort.

Et je me dévoilais un peu plus à chaque rencontre, même si je n'avais jamais était sure de vouloir sortir avec lui. Mais on se ressemblait: peut être un peu trop... Mon homologue masculin en quelque sorte.

Avec lui, je me sentais à l'aise, comme si il m'acceptait comme je suis quoi que je fasse. J'étais même plus en confiance avec lui qu'avec M. Mais on est jamais allé plus loin, et le photographe me faisait toujours de l'effet...

 

Un jour, après trois mois de regards et sourire échangés sans autre contact, je pris mon courage à demain et allais échanger quelques mots avec le garçon mystérieu. Son comportement me disait :  « tu me plais » mais ses paroles « tu ne m'interesses pas », c'était bizarre. Deux jours après, il vint me dire bonjour et me regarda toute la soirée. Moi qui était vraiment attirée par lui, je n'avais qu'une peur... Et si il n'avait pas l'étincelle pour moi?

Peut on contruire l'étincelle, ou est elle juste la? Je cherchais dans ma mémoire mais ne trouvait aucun contre exemple... L'étincelle ne se construit pas, elle apparaît puis s'échappe comme elle est venue.

 

Coup de fil de L:  «Juliette? Il faut que je te dise un truc... Je ressors avec G... et c'est trop bien. Je ne me prends plus la tête, et on verra bien ce qu'il se passe... »

 

Après ce coup de fil, pour la première fois de ma vie, je suis allée dans mon bar seule, et j'ai osé regardé directement le photographe, qui m'a sourit comme une promesse. J'ai également envoyé un texto à C en lui disant que je lui faisais confiance, moi qui en avait peur.

 

C'était de l'espoir à l'état pur, il fallait que je profite de cette impression éphémère avant qu'elle disparaisse, car je savais maintenant que même sans étincelle, on pouvait vivre de belles choses, aimer réellement une personne, et qu'il fallait juste que j'arrête d'essayer de comprendre, pour enfin me mettre à vivre.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Créer un Blog

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus